lundi 7 octobre 2013

Une voix et un nuage parlent

Voix  - Il faut lui dire.
Nuage - Je ne comprends pas.
Voix  - Tu sais très bien de quoi je veux dire.
Nuage - Non, je ne vois pas.
Voix  - Ah bon ?
Nuage - Oh regarde ! Le vent se met à souffler au loin sur la plaine.
Voix  - J'ai dû me tromper.
Nuage - Il emporte des nuages de toutes ses forces. Enfuyez-vous ! Trop tard, ils se déchirent contre la montagne.
Voix  - Le soleil va bientôt se coucher.
Nuage - Face à cette horreur, tu n'as que çà à me proposer : la contemplation.
Voix  - Il fut un temps où un simple rayon de soleil t'illuminait.
Nuage - Belle expérience d'observer un photon lumineux rebondir à l'intérieur d'une de mes gouttes d'eau pour se transformer en arc en ciel et éclairer ma bien aimée.
Voix  - Ah le partage des petits riens qui vous éclairent la vie de magie.
Nuage - Oui mais ma curiosité m'a poussé à poser mes yeux sur ce vaste monde et, quand le brouillard s'est diffusé, j'ai vu ce qui hante mes nuits depuis.
Voix  - J'aimais vous voir ensemble.
Nuage - Elle a dû rejoindre ces amies nuages à électriser l'air d'éclairs.
Voix  - Le temps passe et les choses changent.
Nuage - Bon les cauchemars, pour une fois, je penserai à vous demain. Mes petits rêves sont enfin de retour et ils m'ont m'apporté un bouquet de couleurs.
Voix  - Entre la terre et la nébuleuse, il y a le ciel.
Nuage - Il y a tout surtout un tout plein de petits rêves avec elle, des bulles d'airs remplis de beaux souvenirs, des paysages aux promesses d'avenir et un tout simple, je ferme les yeux et son visage est là.
Voix  - Il faut lui dire.
Nuage - Oui.

Ma bien-aimé, ton nuage est formé de gouttes d'eaux venant de toute part

De la sève de l'écorce des arbres, la couleur châtaigne de tes yeux rieurs
Des vagues roulant sur le sable, le sel de la vie dans ta tumultueuse gaieté
Du hennissement des  chevaux, la rivière de cheveux galopant sur ton dos  
Des premières larmes des enfants, ta douceur d'envelopper de coton les tracas quotidiens
De la rosée du matin sur la prairie, la fraîcheur de ta peau à la géographie bondissante
De la vapeur jaillissant des geysers, ton énergie journalière remplie de chaleur humaine 

mardi 3 septembre 2013

Saule pleureur

Saule saule pleureur
Ta sève de voitures coule en accordéon dans le canal du boulevard périphérique avec le temps du volant aliénant
Saule saule pleureur
La lumière de l'écran filtre entre ton feuillage la virtualité du monde où les images se figent sur les rétines des corps morts
Saule saule pleureur
Tes feuilles mortes de déchets tombent avec la pluie de crachats sur le bitume des rues aux sombres regards des gens de nulle part
Saule saule pleureur
Tes racines de la vie en société se perdent dans les rayons des supermarchés où les calculs égoïstes sont partagés par les hordes de djihadistes

Saule pleureur pleure tout son saoul car les Hommes ont fui son ombre protecteur où l'ennui s'envolait dans une douce rêverie
   

vendredi 2 août 2013

La montagne et l'alpiniste

Mon sommet flotte au-dessus des nuages dans les rêves des alpinistes. Quelques insouciants ont eu cette folie de tenter de me gravir et sont figés à tout jamais dans les glaciers. Il eut ce jour où toi tu es venu fouler les pâturages de ma vallée. Malgré le mauvais temps faisant suite à la terrible tempête de neige ensevelissant le dernier alpiniste, tu es resté. Lors des éclaircis, tu arpentais les pelouses et les forêts à sentir les parfums doux des fleurs et acre de la sève des sapins, à vivifier ton corps dans les torrents d'eaux vives et à dormir sur les rochers réchauffés. Dans cette douceur, tu t'es aventuré de plus en plus haut avec cette prudence d'être à l'écoute des signes annonciateurs des tempêtes. Après une longue attente au dernier campement situé au pied de la cime, il eut ce jour unique où bien avant le lever du soleil, ton ascension a commencé. Dans le dédale des rochers, le fil d’Ariane, de tes expériences à explorer les contreforts et les cirques, t'a amené au pied du pic sans fatigue perdue. Avec la sagesse d'éviter le chemin le plus court du mur de glace, tu as contourné cette mort certaine en empruntant le long chemin escarpé de l'arête. Au lever du soleil, pour la première fois, des pas ont foulés mon sommet. Je me souviens de tes yeux émerveillés par le spectacle de la mer de nuages où les lances du soleil diffusaient en des traits roses. Ce moment sera toujours là avec le cairn des cailloux que tu as déposés.
Aujourd'hui, tu t'es installé dans ma vallée mais la vie t'a apporté d'autres activités. N'étant plus ta chimère fantastique, j'écoute le vent qui m'apporte l'écho du temps passé.

mardi 16 juillet 2013

Individualité



Une deux trois,…, trente, trente et un. Les nombres des années s’enchaînent et la fossoyeuse  m’attend sur un nombre. Lequel je ne sais pas mais lorsque l’on sait compter jusqu’à 30, le reste jusqu’à 100 n’est pas loin. De l’insouciance d’infini temporelle de la jeunesse, il y a maintenant cette certitude de la finitude de ma vie. Et après la fin de ce moi, qu’y-a-t-il ? Cette question est là car je n’appartiens pas à une religion éternelle ou un peuple éternel qui pourrait dépasser mon individualité et aussi car mon cerveau n’est pas lobotomisé par la télévision.  Mais plouf elle disparait car une obligation de la vie m’attend. Je dois travailler...

lundi 25 mars 2013

sms

Une princesse flotte dans des rêves en duvet où un prince dépose sur son delta un baiser

jeudi 7 juillet 2011

Sous la couette

D'yeux je vois
brillent d'émoi
Cœur qui bat
boum en bas
Poule en chair
corps en l'air
Nez aisselle
Snif le sel
Plaisir dehors
Un deux je dors

jeudi 9 juin 2011

Clusters



Clusters d'un model booléen avec une loi en puissance pour les rayons des sphères

lundi 30 mai 2011

Roland Garros

Le tennis, à Roland Garros, c'est deux adversaires qui tapent de toutes leurs forces une petite balle jaune dans le terrain ocre de la terre battue jusqu'à ce que la balle tombe dans le filet ou rebondisse à l'extérieur du court. Et à ce niveau de jeu, la rage de vaincre accompagne le bruit de chaque frappe de la raquette contre la balle d'un cri animal, orgasmique chez certaines joueuses. Autour de cette arène romaine, le public vibre en une seule entité au tempo des frappes fasciné par ce combat où un seul sortira vainqueur et acclame les guerriers des temps modernes quand ils reprennent leur souffle après une folle dépense d'énergie dont les corps ruissellent de sueur. Chaque joueur puisse tout ce qu'il a en lui dans l'espoir qu'à la fin du tournoi, il soit celui qui dressera la coupe du vainqueur haut dans le ciel.
J'aime ce combat civilisé où notre part animal s'exprime, où le droit à l'excellence règne et où les idéologies sont aux vestiaires.

jeudi 19 mai 2011

Fractal


Représentation des clusters dans un modèle booléen où les rayons des disques suivent une loi en puissance

mercredi 18 mai 2011

Qui ne pipe mot, consent!

Ma fille a bientôt fini l'école et j'ai hâte de retrouver son sourire qui éclaire ma vie comme un soleil. Il me reste plus que cette grande chambre d'hôtel à nettoyer avant que je puisse la rejoindre. Il ne faut pas que j'oublie d'acheter du lait en rentrant, ma fille adore regarder le chat boire son lait. D'abord remettre la chambre en état. Zut de zut, j'ai rendez-vous avec sa maîtresse ce vendredi car elle a des difficultés avec la lecture. Ce soir, on lira Pocahonta, ça la réconciliera avec les mots. Puis, changer les draps et remettre des propres. Si, seulement, j'avais un peu plus d'argent, je pourrais lui offrir des cours du soir et lui donner ainsi toutes les chances de réussir dans la vie. Soudain, mon corps se fige entre deux respirations. Des mains immondes sont posées sur mes fesses. Mais, qu'est ce qui se passe? Je me retourne et un vieux monsieur est collé à moi. Il pose ses grosses mains sur mes épaules et avec autorité m'écrase vers le sol. Perdu dans cette invraisemblable, mon corps transi ne résiste pas. Me voilà les genoux à terre, il saisi ma nuque avec force et, horreur, m'enfonce son sexe dans ma bouche. Pendant trois minutes atroces, je suis l'esclave de ce monstre. Juste après la paroxysme de l'abomination, son orgasme dans ma bouche, il relâche son étreinte et, soudain, je ne suis plus sous son pouvoir. Libéré, l'énergie de la survie me fait bondir et, sans me retourner, je fuis cette pièce. Dans le couloir de l’hôtel, je m'enferme dans le premier lieu de sécurité, la pièce des employés. Je prends conscience alors de ce qui vient de se passer. Mes jambes se mettent à trembler et s'éffondrent dans le coin du mur. Replié sur moi-même, en position foetal, mes larmes coulent une rivière de malheur. Après un temps inconnu, la porte s'ouvre. Tout mon corps se raidit. Non pas encore lui! Ouf, c'est juste une collègue. Mes nerfs me lâchent et je me mets à convulser. Ma collègue m'apaise avec des simples gestes humains et dans ses bras, je lui raconte mon histoire.
Un mois après au tribunal, le coupable dit:
"C'était un rapport consentit car comme dit l'adage : qui ne pipe mot consent!"